Matériaux de construction biosourcés : en croissance de 16 % en 2025, la filière confirme sa progression et son rôle dans la sobriété énergétique du bâtiment
Le deuxième Baromètre des matériaux de construction biosourcés, publié par l’Association des Industriels de la Construction Biosourcée (AICB), confirme la dynamique d’une filière désormais structurée. En 2025, le marché atteint 97,7 millions d’euros de chiffre d’affaires et 32,7 millions de m² mis en œuvre, soit une progression de 16 % en volume par rapport aux chiffres 2023 publiés dans le premier baromètre.
Avec 11 % de parts de marché en valeur et 8,2 % en volume sur le marché de l’isolation, les matériaux biosourcés s’imposent comme une réponse industrielle aux enjeux de décarbonation, de rénovation et de souveraineté.
Un marché qui poursuit sa progression malgré un contexte de construction sous tension
En 2025, le marché français des matériaux biosourcés représente 97,7 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 91,6 millions d’euros en 2023, soit une hausse de 6,7 %. En volume, la progression est plus marquée : 32,7 millions de m² ont été mis en œuvre en 2025, contre 28,2 millions de m² en 2023, soit une croissance de 16 %.
Cette dynamique s’inscrit dans un marché de la construction toujours contraint et confirme la place croissante des matériaux biosourcés dans l’isolation des bâtiments. Les isolants biosourcés représentent désormais 8,2 % du marché de l’isolation en volume, contre 7,5 % en 2024 et 6,4 % en 2023. En valeur, ils pèsent 11 % du marché de l’isolation. Une pénétration en progression constante ces dix dernières années, illustrée par une croissance de 126 % en volume depuis 2016.



Le mix produits évolue : les panneaux et bétons biosourcés montent en puissance
Le baromètre révèle une transformation progressive de la structure du marché.
Les isolants semi-rigides dominent le marché avec 17,6 millions de m² mis en œuvre en 2025, soit 54 % des volumes, contre 13,3 millions de m² (47 %) en 2023. Leur part dans le mix produits ne cesse de croître depuis 2021, où ils représentaient 34 % des volumes. Utilisés principalement en isolation intérieure des murs, des cloisons et des rampants de toiture, ils s’imposent comme la solution biosourcée de référence pour l’enveloppe du bâtiment.
Les isolants vrac restent la deuxième famille du marché avec 10,7 millions de m², soit 33 % de part de marché, contre 12,5 millions de m² (44 %) en 2023. Ce recul en pourcentage est avant tout le reflet d’un marché qui se diversifie : les volumes de vrac mis en œuvre restent stables, tandis que les autres familles de produits gagnent du terrain sur de nouveaux usages. Le vrac demeure la solution biosourcée de référence pour l’isolation des combles perdus.
Les isolants rigides ont quant à eux pratiquement doublé en deux ans : ils représentent 3,5 millions de m², soit 11 % du marché, contre 1,8 million de m² (6 %) en 2023. Ils sont principalement utilisés en isolation des murs par l’extérieur (ITE).
Enfin, les bétons biosourcés progressent de 50 % en volume avec 0,9 million de m², soit 3 % de part de marché, contre 0,6 million de m² (2 %) en 2023. Portés par la construction hors-site et la fabrication de murs extérieurs, ils confirment leur montée en puissance sur un segment encore émergent en 2016.


Les matériaux biosourcés en région : l’Auvergne Rhône-Alpes et la Bretagne sur le podium
Nouveauté de cette édition, le baromètre propose une première cartographie régionale des volumes mis en œuvre, qui révèle des dynamiques territoriales marquées.
En volume absolu, trois régions se démarquent : l’Auvergne-Rhône-Alpes concentre 20 % des volumes nationaux, devant la Bretagne (12,7 %) et la Nouvelle-Aquitaine (10,8 %), suivies de l’Occitanie (9,9 %), du Grand Est (8,9 %) et des Pays de la Loire (7,7 %).

Rapportés en m² mis en œuvre par habitant, la Bretagne arrive largement en tête avec 0,9 m² mis en œuvre par habitant, devant l’Auvergne Rhône-Alpes (0,6 m²) et la Bourgogne-Franche-Comté (0,5 m²), témoignant d’un ancrage culturel et professionnel particulièrement fort des solutions biosourcées dans ces territoires.
Lorsque les volumes sont rapportés au nombre de logements autorisés, la Bourgogne-Franche-Comté prend la tête avec 181 m² par logement autorisé, devant la Bretagne (136 m²) et le Centre-Val de Loire (135 m²).
Ces chiffres illustrent l’intégration élevée des matériaux biosourcés dans les projets de construction neuve de ces régions, liée à la présence de filières industrielles locales, de ressources agricoles et forestières de proximité et de dynamiques professionnelles favorables.
Une filière industrielle structurée, sobre en ressources et ancrée dans les territoires
La filière repose aujourd’hui sur 20 unités de production et représente 4 000 emplois directs et indirects. Elle s’appuie sur des ressources renouvelables ou recyclées : bois, chanvre, lin, herbe, paille, ouate de cellulose, coton et textile recyclés, laine de mouton ou encore fibres agrosourcées. La production actuelle mobilise environ 2 % du gisement annuel de bioressources disponibles en France, préservant ainsi un potentiel de développement considérable.
En dix ans, la filière a investi plus de 150 millions d’euros dans ses outils industriels. Ses produits sont pleinement intégrés au cadre normatif du bâtiment : normes européennes, Avis Techniques, NF-DTU, RE2020. La plupart affichent leur teneur en biosourcé certifiée par une tierce partie via le Label Produit Biosourcé.
Isolation et électrification : deux leviers complémentaires de sobriété énergétique
Dans un contexte où les politiques publiques mettent fortement l’accent sur l’électrification des usages, l’AICB rappelle que la performance de l’enveloppe du bâtiment reste indispensable. L’électrification ne peut produire pleinement ses effets que si les bâtiments sont correctement isolés.
Les matériaux biosourcés répondent à ce double enjeu : ils contribuent à réduire les besoins énergétiques tout en stockant du carbone biogénique. Sur dix ans, la filière a permis de stocker 2,3 millions de tonnes de CO₂, soit l’équivalent des émissions de construction de 3,5 millions de m² de logements RE2020. Ces solutions participent directement aux objectifs de la RE2020, de la stratégie nationale bas-carbone et de la loi Climat et Résilience, qui prévoit dès 2030 l’usage de matériaux biosourcés ou bas-carbone dans au moins 25 % des rénovations lourdes et constructions publiques.
« Les chiffres de ce deuxième baromètre confirment la bonne dynamique du marché des matériaux biosourcés. La filière est structurée, industrialisée et capable de répondre à de nombreux domaines d’emploi du bâtiment, en construction neuve comme en rénovation. Dans le débat actuel, l’électrification seule ne peut suffire, la sobriété énergétique est nécessaire. L’isolation biosourcée performante, permet, dès aujourd’hui, d’atteindre cette sobriété et répond ainsi à cet enjeu de société », commente Vincent Hannecart, Président de l’AICB.